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Pierre de Femme

Si j’inventais ‘ pierre de femme ’ comme il existe ‘ pierre de lune ’, quel minéral baptiserais-je ainsi ? Deux candidatures : celle de la stéatite et de l’albâtre - les matériaux préférés de Karl-Heinz Diegner. Tous deux possèdent la douceur charnelle d’un corps.
Le sculpteur penche, je crois, vers la stéatite ; je reste incertain ; ces dos, ces jambes, imaginés, reconstitués à parti d’une courbe, d’un songe, appellent à la caresse : on dirait d’odalisques à l’ombre rose d’un harem.
Autrefois on appelait la stéatite ’craie de Briançon’, on se servait d’elle pour fabriquer des pastels. Une pierre qui écrit, recrée le joli teint des Quentin La Tour, résiste au feu et trouble l’homme : qui dit mieux ?
‘Changer la vie’ ! rêvait Rimbaud. Beau cri, mais rares sont ceux qui le poussent. Diegner, lui, a joué double vie. Né dans l’Allemagne en guerre, ingénieur, expatrié en France et au Brésil. Il est arrivé au moment de son âge ou sa seconde vie l’attendait : la voilà ‘incarnée’ - oserai-je dire, tant cette pierre s’est faite chair, dans trente pièces qui irradient désir, tendresse, émotion secrète.

François Nourissier, écrivain.